Tu étais confortable dans ton foetus et tu savourais le maigre lait que ta mère t'offrait parcimonieusement. Tu avais chaud et tu ne faisais rien. Tu avais ces yeux fermés et tu te connectais au monde extérieur par un simple cordon ombilical. Et puis ta mère perd les eaux, tu viens au monde. A première vue et pour tous les bébés, cette expression est merveilleuse mais pas pour toi. Parce que t'auras grandi et que manger deviendra un besoin considérable. Très tôt tu vas prendre conscience des choses, de ta situation, de ton entourage. Tu verras que tes parents peinent à te rendre heureux et que ta vie ne tient qu'à un fil jour pour jour. Tu n'iras pas à l'école. Les mots ne te parleront pas, et les chiffres non plus. Tout ce que tu apprendras au cours de ta vie c'est le travail manuel et les malheureux centimes amassés au cours de ta journée. Ton avenir, tu ne penses pas en avoir parce qu'inconsiemment tu comprends que le destin a choisi de t'engrenner dans ce cercle vicieux de la misère. Et tu marches, tu cours pour une cause perdue, tel est ton quotidien. Les larmes ne sont qu'un degré de la profonde tristesse que tu dégages ou que tu caches par un brin de sourire. Et tu te rends compte qu'il faut te sortir de là. Mais quand tu ouvres une porte, tu vois que derrière il y en a une infinité. Mon enfant tu ne verras jamais le bout du tunnel. Et ce sont des artistes comme U2 ou Manu Chao qui parlent de toi dans leur musique engagée. Pendant ce temps tu attends espérant manger demain et voir encore la lueur du jour. Parce que ce sont des gens comme toi qu'il faut mettre en valeur, alors je te dédie cet article.
"Tu penses que l'espoir te fait vivre, mais sache qu'il peut te faire faire mourir"
bOut-fait-dR